A vous qui avez aimé l'histoire de la chaise qui voulut chaussure à son pied. En résumé elle était la chaise du curé, elle s'est mise à parler et a bien faillit finir au bûcher. On vous a dit que la Comtesse l'a sauvée, réparée, habillée et chaussée, puis la chaise s'est mise à danser. Ensuite le curé a pensé qu'elle allait raconté les pêchers et les malhonnêtetés de ses confessés.

Sachez que, depuis, Le père Philo Bouffi , curé joufflu et gras, ne se rend plus au domaine de la Comtesse pour y prendre ses repas. Les pieds poudreux, c'est à dire les gueux ont eu ouïe dire de l'évènement malheureux. Certains d'entre eux comme la Marie chiffons, une coquette d'occase toujours mal vêtue et chiffonnée, avec La Roulmousse, voleuse, roublarde et arnaqueuse, ont fait de cette rumeur une vérité. Chez la Zizi Panpan, une tondeuse de nappe,  ( une pique assiette), elles ont organisé un dîner. Ces trois bougresses y ont invité Fornicaste le débauché, esclave du vice et de la malhonnêteté. Ce Vicomte belliqueux et parasite est le souteneur de nombreuses souillons de cabaret. En apprenant cette nouvelle, il décida de se rendre chez le Père Bouffi avec ses trois "soutireuses de savon à culotte". A leur arrivée le prosterné supplia Dieu le Père d'éloigner ses boîtes à vérole de la sacristie en agitant son crucifie.  

Le curé : "Soldats de Satan ! Suppôts du diable !!! Que faites vous là ? Retournez vite à vos gourbis! " Puis, voyant le Vicomte il se reprit.  " Mais Monsieur ... cher Vicomte...vous ici ? " 

La Zizi Panpan  s'écria : " Punaise de sacristie ! Vieux trognon abbougri ! Crois-tu que c'est de joie qu'on rentre ici ? "

La Roulmousse : " Figure d'cochon ! En v'là une binette de goret qui va finir en paillasson !"

Fornicaste : " Allons , allons ! Curé Bouffi ... écoute-nous je t'en prie, l'affaire est grave et te concerne.  Par ta faute! les  gens comme moi, fidèles et honnêtes,  n'ont plus de secret chez la Comtesse ! Ces gentilles filles que tu vois là, m'ont apprit une bien triste nouvelle . Parait t-il que la Comtesse a fait acquisition d'une chaise traîtresse et que celle-ci raconte toutes nos faiblesses ? Est-ce vrai ? "

Le curé: " Eh bien...Monsieur ... je ne sais pas ce qu'elle raconte...mais... il est vrai qu'elle a élue domicile chez la comtesse. "

Fornicaste et les trois chiffonnières le regardèrent.

Fornicaste repris : " Donc ces diablesses ont bien dit vrai ! Curé de malheur que compte-tu faire ?"

Le curé : " J'ai une idée mais point d'allié pour aller la rechercher. "

Fornicaste : " Cesse donc vieille chenille ! A qui crois-tu parler ? A nous cinq ne pourrions-nous y arriver ?" 

Le curé : " Ah non mes braves enfants !...cinq serait trop! A vous quatre cela suffirait. Vous êtes brillants je le sais..."

Fornicaste étant sot au dernier degré, ne vit sur lui le piège se refermer.

Il répondit : " Allons curé ! Quel est ce plan que l'on ne connaît ? "

Et le curé leur raconta comment ils s'y prendraient. Les mauvaises graines et le bonhomme se rendraient au château au soleil couchant. Seul l'homme y entrerait prétextant une mauvaise rencontre où il se serait fait dévaliser. La comtesse à cette heure avancée ne pourrait le refuser. Puis il n'aurait qu'à jeter par la fenêtre , la chaise à ses compères qui la ramèneraient au curé. Il voulait être sure de la voir brûler

Ils se rendirent donc, le soir venu, sur le grand chemin qui mène au château de la Comtesse et changèrent un peu les plans du curé. 

Le Vicomte était de la pire espèce, il s'était mit de vilaines choses en tête. Et s'il gardait la chaise et la faisait parler? Maître chanteur n'est pas un laid métier. Et si la chaise avait parlé de lui à la Comtesse ? Acceptera-t-elle de l'heberger ou faudra t-il l'y forcer ? Une fois là-bas, le domaine il visiterait et pourquoi pas il déroberait, à la volée quelques camées. Mais déjà le Vicomte Fornicaste arrivait devant la porte du château.

Il se présenta et on le fit entrer. Il entendit aussitôt les rires de la Comtesse et de petits talons frapper. Visiblement à l'étage on dansait. La Comtesse descendit le grand escalier et vint le saluer. Il lui conta sa fausse mésaventure mais la Comtesse, très peu intéressée, lui dit qu'une chambre lui serait attribuée et disparu par l'escalier. Cette fois, plus de talons et plus de rires, on entendit juste une porte claquer. Un valet, accompagna le Vicomte à ses appartements. Tout en montant l 'escalier, ils croisèrent Sa Majesté O' Guismo, se saluèrent respectivement, mais ... sa Majesté gardait un oeil sur lui. Sa confiance... il ne lui accorderait jamais. Le valet, ouvrit la porte des appartements, déposa la bougie sur une table et pris congé. Le Vicomte s'empara aussitôt de la flamme et scruta la pièce de fond en comble. Il se dirigea ensuite vers la fenêtre et fit avec la bougie un signe de gauche à droite aux trois grisettes qui devaient le rejoindre. Elles bondirent comme des chiens de chasse de derrière un fourré et sautèrent, les massifs épineux,  les haillons retroussés au coude jusqu'a la grande porte qui n'était plus gardée. Là, elles attendirent que le Vicomte les fasse entrer. Une fois à l'intérieure la Marie chiffon, reconnue comme claque dent ( parler pour ne rien dire ou à tort et à travers ) ne pu s'empêcher de pousser un cri devant tant de richesse. Fornicaste lui assena un coup de poing sur le sommet de la tête pour la faire taire en lui disant : "Bestiasse de misère ! Vas tu te taire où cherche tu à nous faire prendre ? ". Sous le choc elle tomba à terre , ce qui fit ricaner bêtement les deux autres volailles.

Fornicaste: " Cessez de riocher maudites carognes ! On vous tiendra au bout d'une corde si vous continuez ! "

Ils montèrent jusqu'à la chambre du Vicomte en silence. Il reprit à voix basse la parole : " Il nous faut trouver cette traîtresse de chaise dans le silence. A cette heure ci tout le château est endormi. Allons visiter..."

La Roullemousse demanda : "et si quelqu'un nous voit ?"

Fornicaste : " Courrez dans tous les sens ! Filez où vous pourrez et ne vous retournez jamais !"

La Marie chiffon reprit : " Mais il fait noir ! On va se cogner !"

Fornicaste : " Non ! Attendez, il y a des cierges dans l'entrée. Ils sont destinés au curé mais puisqu'il ne viens plus ici pour dîner..."

Sans aucune gêne, les trois laronnesses s'allumèrent un cierge et partirent enquester. Chacun ouvrait une porte et se glissait derrière.

Une bonne demi heure s'écoula. Et comme convenu, une fois l'étage entièrement visité, tous se retrouvèrent dans les appartements de Fornicaste. Ce dernier regarda attentivement ses trois larcineuses du haut en bas et en déduit que quelques petites choses  avaient changées sur chacune d'elle. La Marie chiffon semblait avoir triplé de tour de taille, la Zizi Panpan, elle, avait le jupon qui tintait à chaque pas et la Roullemousse avait les mains dans le dos et un sourire d'entortilleuse. Il leur demanda si elles avaient atteint leur but. Les réponses furent négatives. Au même instant des bruits de pas se firent entendre dans le couloir et on cogna à la porte. Les  vauriens restèrent de marbre, les yeux exorbités et le coeur battant à tout rompre. La porte s'entrouvrit et apparut, sortant de la pénombre, la chaise traîtresse. Elle s'avança et dit d'un ton moqueur :

" Aaah ... ça vous coupe la musette hein Baron d'la crasse !  Et vos filles du diable, ces enragées de toupies vous     accompagnent ! Alors comme ça on est venu faire un grand 'clas clas' avec ses filles perdues ? Et tout ça pour moi ! "

Le Vicomte s'écria : " Emparez-vous d'elle ! Saisissez-la !!! "

La Marie chiffon la plus proche, se jeta sur elle,  mais la chaise lui flanqua un coup de talon qui la fit repartir d'où elle venait. Ce fut ensuite au tour de la Zizi panpan qui se lança. La chaise se recula et mit sa chausse sur le jupon de la Zizi  qui se déchira. Une quantité de fioles s'en échappèrent la faisant glisser sur le dos jusqu'au Vicomte, qui  à son tour tomba. Sa perruque s' envola, la chaise lui administra un coup violent dans les dents qu 'il perdit. De colère il ordonna à la Roullemousse de secouer ses jarrets. Elle se rua sur la  traîtresse, mais  ses  doigts avaient gonflés. Elle se mit à hurler: "mes doigts !!! mes doigts !!! Je ne peux plus les plier !!! " Cette ogresse avait enfilé toutes les bagues qu'elle avait volées et ses mains avaient triplées de volume. Le tableau était grotesque. Le Vicomte remis sa perruque de travers et tenta de jeter sa bougie sur la chaise.  Mais c'est la Roullemousse qui la reçut dans sa crinière remplie de poussière et de brins de paille. Il s'en aperçut et lui lança : " Tu brûles crapaud des Indes !!! Éteignons cet incendie avec les fioles !!! "  Et tous se mirent à quatre pattes pour s'asperger du contenu et arrêtèrent les flammes. Pendant ce temps, la chaise en profita pour pousser à laide de ses quatres petites jambes de bois, un énorme chaudron de gypse (du plâtre). Voyant ces  grugeons (minables) à terre, elle se mit sur le dos et poussa... poussa de toutes ses forces pour déverser le contenu. Ceci les immobilisa immédiatement. La troupe entière avait les mains figées et se retrouvait ainsi prisonnière.

Fornicaste: "Sorcière ! Bas de buffet ( moins que rien )!  Libère nous ! "

La chaise se  mit à danser autour d'eux en leur bottant le cul de ses petits souliers.

Elle disait : " Tiens !  Prends ça cocodès (imbécile) ! Babouine maintenant ! (fais le beau). Tu as *avalé une chaise percée toi qui es si bavard d'habitude ? (*avoir mauvaise haleine). Pendard ! Vaurien ! " 

Puis bottant les trois misérables gourgandines : " Et vous prenez cela !  Vous êtes propres comme une auge à goret ! Rapineuses ( voleuses ) ! Vous empunaisez à cent lieux ! Pourquoi s'emberlucoquer (s'obstiner) avec cet écornifleur (parasite) à faire des mauvais coups ? Votre travail est d'aller au persil !!! ( faire le trottoir )

Puis la chaise les quitta sans mot dire. 

Au matin, la Comtesse se rendait au petit déjeuner qu'elle avait l'habitude de prendre en compagnie de son fidèle O' Guismo et de sa dame de compagnie " Lady Dith ", la chaise. Elle emprunta le couloir où s'était déroulé les évênements de la nuit. Elle fût agréablement surprise de constater que de nouvelles torches y ornaient les murs. Sa majesté O' Guismo avait l'habitude de lui fabriquer de fabuleuses créations par la magie de ses doigts.

Elle les rejoignît au salon. 

" OoOh bonjour mes précieux amours, mes ravissements du jour et de la nuit !!! Qu'avez vous inventez pour me ravir dès le réveil ? J'ai remarqué dans le couloir, de nouvelles inventions de mon merveilleux O' Guismo, qui ornent les murs ! Mais quelle folle et ingénieuse idée de faire tenir flambeaux à des mains que l'on penseraient vivantes ! Et je suis sure que c'est Lady Dith qui vous a soufflé l'idée d'y mettre une bague à chaque doigt ? "

O' Guismo: " Ne dit-on pas, féerique Comtesse, qu'il faille savoir faire des pieds et des mains pour sa bien-aimée ? "

 

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Sa majesté O' Guismo vous souhaite un merveilleux mois de Mai !

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